Alcool : les préconisations strictes de l’Inserm contre ce « fardeau » français

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°24 - 16 juin 2021
Information dentaire
Augmenter les taxes sur le vin, interdire la publicité, restreindre encore l’accès aux mineurs, renforcer les avertissements sanitaires, afficher les calories contenues… Une « expertise collective » de l’Inserm dévoile le 4 juin ses recommandations pour réduire les dommages liés à l’alcool.

L’alcool est une drogue, une molécule cancérigène et toxique pour de nombreux organes, souligne l’Inserm. En France, des niveaux élevés de consommation touchent à la fois les jeunes et les seniors. » Expérimentée pour la première fois à l’adolescence, la consommation d’alcool devient régulière (10 fois ou plus/mois) pour 8 % des jeunes de 17 ans, tandis que 40 à 50 % d’entre eux déclarent avoir au moins une alcoolisation ponctuelle importante (5 verres ou plus en une seule occasion) mensuelle. Chez les adultes, la consommation moyenne par jour est de 27 g d’alcool pur par personne (soit près de 3 verres). La mortalité attribuable à l’alcool, plus élevée en France que partout ailleurs en Europe, est de 11 % des décès pour les hommes et 4 % pour les femmes chez les 15 ans et plus, soit 41 000 décès (30 000 chez les hommes et 11 000 chez les femmes – chiffres 2015). Le coût social de l’alcool (maladies, accidents, etc.) est estimé à 118 milliards d’euros par an.

« La consommation d’alcool, même à de faibles niveaux, représente un fardeau pour la société française », estime l’expertise. Selon elle, son prix, sa disponibilité ou encore les normes relatives à sa consommation sont associés à des perceptions positives et donc incitent à boire. « Au-delà de facteurs individuels, le marketing de l’alcool (produit, prix, publicité, accès au produit) influence les niveaux et modes de consommation et joue un rôle primordial dans les comportements d’alcoolisation des jeunes », déplore-t-elle encore.

Une taxation par gramme d’alcool

D’où ses recommandations très strictes comme renforcer la loi Évin pour interdire la publicité sur internet et dans l’espace public, augmenter le prix (taxation par gramme d’alcool comme pour la taxe soda, ou prix minimum), réduire sa disponibilité (plage horaire de vente et nombre de commerces), insérer sur les bouteilles des informations sur les calories, le grammage d’alcool pur contenu ou encore multiplier les avertissements sanitaires et les campagnes d’arrêt de la consommation comme le « Dry January » (mois sobre).

L’Inserm insiste également sur le dépistage systématique d’une consommation d’alcool à risque « afin de permettre, si nécessaire, une prise en charge adaptée ». Le rapport propose que soit mise en place une meilleure formation des professionnels de santé, notamment aux « interventions brèves ». Cette procédure de prévention permet de faire le point sur la consommation d’un patient puis, au besoin, de le motiver au changement. Ce que les chirurgiens-dentistes peuvent parfaitement réaliser. La mesure des consommations se fait à l’aide de questionnaires rapides à réaliser (entre 5 et 10 questions). Ils mesurent la consommation sur un an, l’alcoolisation à risque et la dépendance (à télécharger sur Alcool info service). Les résultats sont l’occasion d’ouvrir la discussion et de réaliser un petit entretien motivationnel. Le tout, évidemment, dans la bienveillance, en respectant les choix du patient.

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